Je préfère vivre ! [lecture-concert]

La Guerre de 14-18 par Jean GIONO

"Je ne peux pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l’entends, je la subis encore. Et j’ai peur."

Giono, Refus d’obéissance, 1937

 

Dans "Je préfère vivre ! ", les voix et les instruments de musique du duo AnneSchlick/SébastienBenoit sont au service d’une partition entièrement originale, construite autour d'une œuvre magistrale (Le Grand Troupeau) et de plusieurs écrits pacifistes de Giono (Refus d'Obéissance, Recherche de la pureté, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix).

 

Le chant, le nyckelharpa, les clarinettes, flûtes & cornemuses, les percussions et les programmations électroniques disent le fracas des bombardements, la détresse du soldat, la peur de la mort, l'abolition de la conscience, la révolte et la résistance face à l'ignoble absurdité, mais aussi l'absence de l'être aimé et l'incandescence du corps des femmes devant ensemencer seules la terre du plateau de Valensole.

Il y a tout juste cent ans, l'Europe s'apprêtait à basculer dans la suprême horreur d'une guerre inédite : mondiale, industrielle, massive, totale.

La fin du monde ancien et le traumatisme fondateur marquant l'entrée dans la modernité.

A bien des égards, toutes les réalités – politiques, économiques, sociales – propres aux générations suivantes prennent racines dans ces tranchées irriguées par le sang de nos aïeux.

 

A l'occasion du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, l'injonction mémorielle – le fameux devoir de mémoire – revient généralement à un hommage aux combattants morts. Dans ces conditions, comment éviter que la commémoration de ce conflit n'apparaisse au final comme un hommage à la guerre ?

 

La réponse nous paraît évidente : le seul moyen d’éviter cet écueil est

de faire éclater une parole aussi singulière que légitime, une parole flamboyante et vitale, celle de Jean GIONO (1895-1970).

Incorporé à 20 ans au 140e Régiment d'Infanterie alpine comme soldat de 2e classe, il connaît les tranchées de Verdun dès 1916, puis le Chemin des Dames, la bataille de la Somme, la bataille du Kemmel (où il sera gazé) et enfin la reprise des Vosges et de l'Alsace jusqu'à sa démobilisation en octobre 1919.

 

Cette terrible expérience marquera à jamais sa vie et son œuvre : l'obsession de certains thèmes (le sang,la pourriture, la violence faite aux hommes), la révolte contre toute entreprise de déshumanisation, la puissance de vie et la puissance créatrice de son écriture, le pacifisme intégral de ses positions (qui lui vaudront d'être emprisonné à l'entrée et au sortir de la Seconde Guerre mondiale)…

- tous publics à partir de 12 ans

- durée : 45 min à 1h30 selon la demande

- 2 artistes + 1 technicien

- aucune contrainte technique particulière

- pour salle de spectacle, bibliothèque-médiathèque, 

collège, lycée

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